Dans “Divorce à l’Italienne”, le divorce étant illégal, Marcello Mastroianni campe un noble sicilien élaborant un plan diabolique pour se remarier : pousser sa femme dans les bras d’un autre, les surprendre, la tuer et n’avoir qu’une peine légère pour crime d’honneur.

Autres temps, autres mœurs. A Pékin, pour certaines femmes, inutile d’en venir à de telles extrémités. Le divorce est un business comme un autre, à ceci près qu’il peut s’avérer très rentable.

Encore une fois, tout est parti d’un constat simple : nombreux sont les candidats à la recherche, non pas de l’âme sœur, mais d’un bien immobilier dans la capitale chinoise. En dépit de prix déjà très élevés, le marché ne donne en effet aucun signe d’essoufflement. Durant le  premier semestre 2013, les investissements dans le parc immobilier se sont élevés à près de 600 milliards de dollars, soit une hausse de plus de 20%, par rapport au premier semestre de 2012.

Or, pour freiner les investissements spéculatifs sur un marché immobilier déjà très tendu, et source de tension sociale, les autorités municipales ont restreint l’accès à la propriété aux détenteurs d’un Beijing Hukou. Ce document est une sorte de livret de famille réservé exclusivement aux natifs de Pékin et aux résidents s’acquittant de taxes locales depuis au moins 5 ans (pareil document existe pour toutes les villes chinoises).

Dès lors, le seul moyen pour un non-Pékinois de contourner cette restriction est de convoler en justes noces avec une personne détenant elle-même un Beijing Hukou. Certaines jeunes femmes en ont fait un véritable fond de commerce. Pour 20 000 yuans, elles épousent un heureux candidat, lui permettant ainsi d’acquérir un bien immobilier à Pékin, puis divorcent. Simple, rapide et efficace.

Si elle existe probablement depuis longtemps, la pratique a été révélée récemment au grand public lorsque les autorités ont commencé à enquêter sur une jeune femme, particulièrement entreprenante, ayant contracté pas moins de 3 mariages et 3 divorces en moins de 5 mois. L’enquête semble dans l’impasse puisque rien n’interdit légalement à une femme de se marier et divorcer aussi souvent qu’elle le désire.

Mais la soif d’immobilier n’aboutit pas uniquement à la célébration de faux mariages et au prononcé de vrais divorces.

L’inverse est également possible.

En effet, en mars 2013, une rumeur sur une augmentation imminente des taxes en cas de cession d’un bien immobilier par un foyer fiscal détenant deux biens ou plus avait entrainé une explosion des divorces à Pékin, comme dans de nombreuses autres villes chinoises. Les nouveaux et faux divorcés réclamaient alors chacun la propriété d’un bien pour échapper à la future taxe.

Décidément, immobilier et divorce font bon ménage en Chine.

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Ashley Mao

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